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A la Mémoire de Nathalie Dale Née le 21 mai 1970 à Cagnes-Sur-Mer Décédée le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence
A la Mémoire de Nathalie Dale Née le 21 mai 1970 à Cagnes-Sur-Mer Décédée le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence
A la Mémoire de Nathalie Dale Née le 21 mai 1970 à Cagnes-Sur-Mer Décédée le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence

A la Mémoire de Nathalie Dale

Née le 21 mai 1970 à Cagnes-Sur-Mer

Décédée le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence

Elle a tout fait pour ne pas partir vendredi 31 janvier 2014. Elle est partie après de longues années de souffrances qui lui ont été infligées par le centre hospitalier Montperrin d'Aix-en-Provence : maltraitance psychiatrique médicamenteuse et sociale dans un établissement public de «soins» pourtant sensé aider les personnes vulnérables.

Il me fallut plonger en apnée pour comprendre le fonctionnement de ce centre. Bien qu'il existe de rares éléments du personnel traitant humainement les patients avec qui j'ai collaboré loyalement dans le secteur Pontier-Est, l'hospitalisation fut indescriptible (surtout du 01 janvier 2010 au 26 avril 2010 et du 19 octobre 2010 au 19 janvier 2011). La psychiatre et le reste du personnel du secteur tissèrent la destruction d'une citoyenne : Nathalie Dale. Elle fut éjectée, l'expression est exacte, du centre le 26 avril 2010 et livrée à elle même sans ressource ni accompagnement ni suivi, après qu'on lui ait enlevé son enfant immédiatement après l'accouchement le 30 mars 2010 à 10h, avec la complicité de juge de tutelle. Nathalie fut placée sous «curatelle renforcée» (le 08/04/ 2010), soi-disant pour sa «protection juridique», mais les acteurs fonctionnaient en mode entreprise et détournèrent ses allocations AAH, ne lui octroyant de l'argent qu'au compte-goutte afin de payer la dette de ce centre. Payer sa crise.

Le traitement médicamenteux et social de Nathalie dans le centre hospitalier de Montperrin à Aix-en-Provence, suite à un arrêté préfectoral d'internement (19/10/2010 au 19/01/2011) basé sur une pétition calomnieuse puis en externe permet de douter de l'objectif de cet établissement: traitements lourds (comprimés et injections neuroleptiques :Lexomil, Imovane, Lepticur, Clopixol, Risperdal, sulfarlem du 01/01/2010 au 26/04/2010, et du 19/10/2010 au 19/01/2011. Le processus de destruction continua au-delà du centre dans son relais CMP jusqu'à l'étouffement fatal le 31 janvier 2014.

Si l'équipe de ce secteur et l'ensemble des services concernés avaient pris en compte seulement une petite partie de l'ensemble des rapports que je leur avais communiqués, Nathalie aurait été sauvée. Un rapport a été remis le 22 septembre 2010 au directeur Pôle Patients de Montperrin détaillait l'ampleur de cette maltraitance. Malheureusement, ils ne rectifièrent pas et la poussèrent à une mort cruelle à l'âge de 43 ans, laissant derrière elle un enfant qui ne l'a jamais vu. Sa psychiatre, savait-elle ce qu'elle faisait dans ses diagnostics d'un temps paradigmatique périmé ? Elle ne lui laissa aucune chance de se rétablir. Une inhumanité grandissante parle d'elle-même. Un effroi et un choc. Il n'est pas de l'exagération ou de radicalité de dire que la psychiatre et la mandataire se réjouissent de sa mort après l'avoir dépossédé de sa vie et de sa dignité au nom des «soins» et de la «protection», mais la réalité dans toutes ses dimensions est plus radicale qu'on imagine. Dans ce cas, elle échappe à toutes les catégories mentales et intellectuelles.

Dale Nathalie : Née le 21 mai 1970 à Cagnes-Sur-Mer.

Morte le 31 janvier 2014 à Aix-en-Provence.

Cause : «Défaillance respiratoire au surcharge médicamenteux » selon le certificat établi par le service de la médecine légale le 03/02/2014.

Enterrée le 27 février 2014 après avoir passé un mois à la chambre mortuaire.

Si cette psychiatre et son équipe avaient manifesté un petit peu d'humanité et d'écoute, Nathalie aurait été sauvée et aurait fêté son anniversaire ce 21 mai 2016. Quant à moi, je le vis tous les jours, trois cent soixante cinq jours sur trois cent soixante cinq jours.

Le Collectif Vérité et Justice pour Nathalie (CVJN) et le Collectif National des Victimes de la Psychiatrie (CNVP) sont mobilisés pour agir et dire non à la maltraitance psychiatrique et aux formes d'hospitalisation sans consentement avec traitement forcé et imposé en application de la Convention de CDPH-ONU. Voir la contribution de M'hamed EL Yagoubi dans le lien :

https://absoluteprohibition.wordpress.com/2016/03/18/mhamed-el-yagoubi-campagne-pour-soutenir-labolition-totale-des-soins-et-de-lhospitalisation-sans-consentement-en-application-de-la-cdph-de-lonu/

Le collectif rend hommage à Nathalie, coupable d'être innocente,coupable d'avoir demandé de l'aide,coupable d'avoir fait confiance aux institutions de son pays,coupable d'avoir été elle-même,coupable d'avoir résisté et mené une lutte pour sa dignité.

En sa mémoire, le Collectif milite pour la fin de maltraitance psychiatrique et de la prédation de la tutelle et curatelle.

Il rend hommage à toutes les victimes et les survivants de la psychiatrie.

Il fait confiance à toutes les sensibilités individuelles et collectives dans l'action pour la justice et la dignité humaine des personnes, il y en a beaucoup, broyées par cette machine monstrueuse : La maltraitance psychiatrique médicamenteuse.

Seules des luttes et des mobilisations avec témoignages et expériences finiront tôt ou tard par produire un antidote à la maltraitance psychiatrique institutionnelle des personnes victimes des horreurs médicamenteuses.

Il n'y aura ni oubli ni pardon

M'hamed EL Yagoubi. Compagnon de Nathalie.

Collectif Vérité et Justice pour Nathalie

www.cvjn.over-blog.com

Marseille, samedi 21 mai 2016

Photo : Vieux Port Marseille 14 mai 2016