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Marseille-Aix. La maltraitance. Une infection sociale et institutionnelle


 

Marseille: des aides-soignantes licenciées témoignent sur des cas de maltraitances en maison de retraite

Licenciées, selon la CGT, après avoir témoignées sur des situations de maltraitance en maison de retraite dans une émission de France-Culture début décembre, quatre aides-soignantes d'un établissement du groupe Korian réclament leur réintégration.


 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes/bouches-du-rhone/metropole-aix-marseille/marseille/marseille-aides-soignantes-licenciees-temoignent-cas-maltraitances-maison-retraite-1157331.html


 

Selon le Conseil de l'Europe la maltraitance se définit

Comme une violence caractérisée par tout acte ou omission commis par une personne s'il porte atteinte à la vie, à l'intégrité corporelle ou psychique, à sa liberté ou compromet gravement le développement de sa personnalité

et /ou nuit à sa sécurité financière, ceci de manière volontaire ou involontaire.

En 1992, le Conseil a complété cette définition par une typologie des actes de maltraitance.

La maltraitance peut être institutionnelle lorsqu'elle est favorisée par l'organisation de la vie collective, par la configuration architecturale, le manque de moyens financiers, les modalités de fonctionnement.

 

Elle prend plusieurs formes de violences :


Violences physiques : par exemple coups, brûlures, ligotages, soins brusques sans information ou préparation, non satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtres (dont euthanasie)…
Violences psychiques ou morales : par exemple langage irrespectueux ou dévalorisant, absence de considération, chantage, menace, abus d’autorité, intimidation, comportement d’infantilisation, non respect de l’intimité, injonctions paradoxales…
Violences matérielles et financières : par exemple vols, exigence de pourboires, escroqueries diverses, locaux inadaptés…
Violences médicales ou médicamenteuses : par exemple défaut de soins de base, non information sur les traitements ou les soins, abus de traitements sédatifs ou neuroleptiques, défaut de soins de rééducation, non prise en compte de la douleur…
Négligences actives : toutes formes de délaissement, d’abandon, de manquements pratiqués avec la conscience de nuire ;
Négligences passives : négligences relevant de l’ignorance, de l’inattention de l’entourage ;
Privations ou violations de droits : par exemple limitation de la liberté de la personne, privation de l’exercice des droits civiques, d’une pratique religieuse… Lien ici :

Lahttp://social-sante.gouv.fr/affaires-sociales/personnes-agees/maltraitance-des-personnes-vulnerables/article/orientations-prioritaires-de-la-politique-nationale#

 

Dans quels établissements sont identifiés les formes de maltraitance ?

 

Les maisons des personnes âgées ou de retraites en France sont sources d'inquiétudes sur la sécurité des résident-e-s. Triste réalité et sort incertain pour celles qui n'ont pas de familles ou de proches. Elles sont exposées à toutes les formes de négligence et d'abus. Le massacre collectif des dizaines de milliers de personnes âgées lors de la canicule de 2003 est symptomatique des logiques sur le traitement institutionnel et l'industrialisation du grand âge dans la France contemporaine. Voir les publications de Frank Hagenbucher (2006) : NOS AÎNES ENTRE TUTELLE ET CANICULE. L'Harmattan. On tue les vieux (2006), Fayard, de Christophe Fernandez, Thierry Pons, Dominique Predali et Jaque Soubeyrand.

Qu'on est-il des erreurs reconnues et des mesures contre les violations de l'intégrité physique et psychologique des personnes vulnérables, coupables d'être vieux ou âgés ? Rien ne pourrait arrêter cette machine monstrueuse programmée pour tirer le maximum de profit en dépit des conséquences sociales. Elle s'alimente de l'indifférence quasi-totale de la société et le silence violent des acteurs politiques et non politiques par peur de voir la branche coupée sur laquelle ils sont assis.

Ils nous habituent dans un langage médiocre, dans une syntaxe sans sémantique formulé dans un logiciel périmé : "Nous sommes désolés. Ils s'agit des cas isolés et d'une inattention ou négligence d'un  mini-service de l'établissement produites à cause d'une manque de coordination hiérarchique de l'établissement. Notre enquête dira bien où il y avait un petit dysfonctionnement".

Certainement que ce n'est pas un dysfonctionnement ou un problème de coordination. C'est une stratégie sociale dictée par une vision marchande radicale soutenue par un regard de mépris et de rejet d'une bonne partie de la population dont les critères ne satisfont pas les exigence de rentabilité : Les personnes âgées et les personnes en situation de handicap physique ou psychique ou les deux. 

Voir mon témoignage ici sur un cas à Marseille :

https://mars-infos.org/un-soir-dans-les-rues-de-marseille-908

 

Le courage de ces quatre aides-soignantes d'avoir franchi le pas pour dénoncer ce qu'on refuse de dénoncer et de dire ce qu'on refuse d'entendre dans cette société mérité une haute considération. Ce qu'elles ont pu dire publiquement en dépit des conséquences personnelles et professionnelles n'est que la petite partie visible de l'iceberg : Nous savons toutes et tous que cette infection est bien enracinée dans l'axe Marseille Aix-en-Provence. La maltraitance des personnes âgées, livrées à des prédateurs qui au nom de la gestion de la qualité, ils les achèvent dans une inhumanité grandissante, et d'autres dont on n'en veut pas parler, celles qui font objet des pratiques cruelles dans les centres psychiatriques comme celui de Montperrin d'Aix-en-Provence.

Dans quelques semaines, le 31 janvier 2017, le collectif vérité et justice pour Nathalie commémora la mort de Nathalie Dale, décédée le 31 janvier 2014 après de longues années de maltraitance psychiatrique organisée en amont et en aval jusqu'à sa destruction totale à l'âge de 43 ans. Recenser sous forme chronologique et détaillée les étapes et les périodes du programme de maltraitances psychiatriques et institutionnelles subies par Nathalie dans une ville où une idée génératrice des inversions : "Aix une ville où il fait bon vivre" masque des horreurs de la comédie française sur les droits de l'homme, sur la charte du patient, sur le soin et l'accompagnement. Pour autant, des questions et des interrogations demeurent sur l'ajout d'une chose de la même chose ne va pas transformer les épines en fruits. Dénoncer et alerter contre ces pratiques ne mènent à rien si les logiques institutionnelles priment sur les logiques du citoyen vivant.

La mort cruelle de Nathalie s'inscrit dans une signification globale de ces logiques mortifères qui au nom de soins et et de protection des personnes innocentes sont mises en pièces coupables d'être vulnérable et d'avoir demande de l'aide. 

Le lien ici : http://cvjn.over-blog.com/2016/08/tout-faire-pour-eviter-la-crainte-que-la-mort-de-nathalie-ne-tombe-dans-l-oubli-apres-une-une-fin-de-vie-injuste-centre-hospitalier

 

 

 

Le collectif Vérité et justice pour Nathalie porte son soutien au combat des quatre aides-soignantes et lance un appel à toutes les sensibilités pour agir contre cette infection avant qu'il soit trop tard. Agir contre la maltraitance institutionnelle des personnes vulnérables qu'elles soient âgées ou jeunes. Seules des actions collectives inscrites dans un temps concret pourraient être le bouclier face à la maltraitance et au prédateur professionnel qui par ses impostures, pervertit le réel par son paradigme de mensonges diaboliques sans avoir honte ou regret sur son acharnement,  entretenu comme procédure et efficacité alors que le sujet, le processus et l'identité du processus sont effacés et disloqués et réduits en miettes. Symptomatique de l'idéologie de la modernité et de la rationalité du faire social et médical.

 

M'hamed EL Yagoubi

Compagnon de Nathalie

ww.cvjn.over-blog.com